Petite leçon de myrmécologie… (un truc de fourmis quoi!!!)
Aujourd’hui j’ai décidé de vous faire partager ma passion pour les fourmis (c’est pas trop tôt !!!). Qu’est-ce que la myrmécologie ? c’est une discipline de l’entomologie (étude des insectes) qui a pour but d'étudier les fourmis (leur environnement, mode de vie, comportement, morphologie, génétique, etc…). Pour ma part, ce qui me botte le plus c’est leur diversité. En effet on dénombre actuellement plus de 3100 espèces connues sachant qu’on considère qu’il en existerait au moins 10000 !!!
Pour vous prouver que toutes les fourmis ne se ressemblent pas, je vais vous montrer les têtes vues de face de plusieurs fourmis du monde entier. Après ça, ne me dites plus jamais que telle ou telle fourmis c’est kif-kif bourricot !!!
Les fourmis sont très distinctes morphologiquement de par leur taille, leur couleur, leur pilosité, leur forme générale, et toutes ces caractéristiques permettent de les distinguer particulièrement bien de face.
D’abord, voici quelques fourmis « classiques » telles que vous vous attendriez à les voir.

En général, la couleur des fourmis varie du jaune au noir en passant par l’orangé, le rouge et le marron. A ma connaissance il n’existe qu’une seule fourmi verte, c’est une fourmi australienne (en haut à gauche). Mais certaines fourmis défraient la chronique puisqu’elles sont partiellement ou entièrement métallisées !
Ensuite la taille des yeux peut énormément varier d’une espèce à l’autre. Certaines vont être aveugle ou quasiment (en haut) alors que d’autres vont beaucoup utiliser leur vue et ainsi avoir des yeux extrêmement développés (en bas).
Ensuite, il y a la taille des mandibules. Elles peuvent être de formes très diverses en fonction du régime alimentaire, la plupart sont des prédateurs spécialisés de petits insectes.
La tête peut parfois avoir une forme générale très curieuse… en forme de cœur, cuirassée, très allongée, aplatie… jugez plutôt par vous –mêmes…

Il existe d’autres critères distinctifs comme la pilosité (en haut), les ornementations (épines, cornes, tubercules, carènes), ou bien encore la brillance (face totalement lisse) et les sculptures (en bas).
Enfin, certaines espèces ont des antennes globuleuses et d’autres ont 3 ocelles (photorécepteurs) particulièrement évidents situés triangulairement au sommet de la tête.
Tous ces critères, ainsi que d’autres englobant le corps en entier me servent pour identifier de quelle fourmi il s’agit. Mais la plupart ne sont pas visibles à l’œil nu et demandent l’utilisation d’une loupe binoculaire et parfois même d’un microscope !! Et oui je peux à la fois travailler sur des fourmis de plusieurs centimètres de long à moins d’un millimètre !!!
Voilà un petit aperçu de mon travail quotidien! Vous devez vous dire « mais c’est ça qui lui plaît tant !!!, qu’est-ce qu’elle trouve de si intéressant là-dedans!!! ». Mais surtout, j’espère que je vous aurez enfin convaincu de la diversité incroyable des fourmis ! Alors c’est-y pas génial la myrmécologie ???!!!
Toutes les photos sont tirées du site Antweb (www.antweb.org) sauf celle de la Thaumatomyrmex tirée du site de Jack Longino – Ants of Costa Rica